Nancy Raymond

Présidente, Steamatic Canada

« Avec les Audacieuses, j’embrasse la cause de Leucan, mais je veux faire plus que ça. Pour une femme, se raser les cheveux est un geste ambitieux. Si nous osons le faire, ça va peut-être lancer un message.  »

Les dons faits à la collecte de Nancy Raymond sont doublés par Steamatic Canada*

Femme d’affaires aguerrie, Nancy Raymond est présidente de Steamatic Canada qui compte 45 franchises. Elle est la seule femme propriétaire d’une bannière de nettoyage après sinistre au pays. Grâce à sa détermination sans faille, elle a su faire sa place dans cette industrie masculine et fait grossir son entreprise avec succès. Fière maman de trois enfants, elle est honorée d’être des Audacieuses.

Motoneigiste, Nancy Raymond adore défiler à grande vitesse, la pédale au fond, sur les pistes enneigées. Elle n’a pas froid aux yeux, dans sa vie personnelle comme professionnelle. Elle a acquis son entreprise en 2016, après avoir passé six semaines aux soins intensifs entre la vie et la mort. « Si je lâchais tout, je perdais ce que j’avais bâti en dix ans et les gens de mon équipe perdaient leur emploi. » Affaiblie, elle a retroussé ses manches, repris les pourparlers avec les partenaires financiers et réalisé son rêve entrepreneurial. Un rêve qu’elle vit encore aujourd’hui.

« L’audace est dans mon ADN. Je suis ambitieuse, résiliente et audacieuse. Je n’ai pas eu le choix pour me rendre là où je suis. J’ai dû me battre pour faire ma place, j’ai défoncé des portes, j’ai brisé des plafonds de verre, pour pouvoir bâtir ma crédibilité. J’en ai une certaine fierté. »

Avec ses longs cheveux blonds, son maquillage soigné et ses ongles manucurés colorés, Nancy Raymond se démarque par son allure élégante dans ce milieu très masculin. « C’est vrai, je suis plutôt coquette. Il me faudra être courageuse, c’est un défi pour une femme », avoue-t-elle, en parlant de sa tête qu’elle rasera ce printemps. Elle avait d’abord refusé puisqu’elle devait être dame d’honneur au mariage de sœur. Mais avec la pandémie, les plans ont changé.

« Je me suis quand même demandé pourquoi j’avais d’abord dit non. C’était purement et strictement une question d’orgueil et de fierté. Je trouvais que ce n’était pas une bonne raison. » Elle avait aussi cette crainte, plus enfouie, de replonger dans la douleur associée à son épisode de maladie, alors qu’elle portait ses cheveux très courts. « Mon mari y voit plutôt une occasion de nous réconcilier avec la Nancy aux cheveux courts, parce que je suis maintenant en santé. » Après réflexion, elle a donc accepté d’être du projet.

Pour Jade

Si elle se fait raser la tête, c’est d’abord pour Jade, la fille de sa cousine âgée de 14 ans. Elle a le même âge que son fils. « On a vu l’onde de choc que ça a créé dans leur famille quand Jade a reçu son diagnostic de cancer. Je peux aider à promouvoir l’aide et le soutien que Leucan peut offrir à ces familles. Pourquoi je ne mettrais pas mon ego de côté pour la cause ? » C’est donc ce qu’elle fait.

Mais avant de prendre sa décision finale, elle a d’abord discuté avec Jade pour lui demander son avis, avoir son feu vert. L’adolescente lui a raconté le camp de vacances avec sa sœur, l’aide scolaire, les services de répit. « Quand Jade a sonné la cloche, à la fin de ses traitements l’an passé, ma cousine a publié la bonne nouvelle sur Facebook, j’étais tellement émue. J’en parle et ça me secoue encore. Je trouvais ça très beau », dit-elle, en versant quelques larmes. « Je suis contente qu’ils aient eu de l’aide de Leucan pour passer à travers ce moment douloureux de leur vie. »

« Avec les Audacieuses, j’embrasse la cause de Leucan, mais je veux faire plus que ça. Pour une femme, se raser les cheveux est un geste ambitieux. Si nous osons le faire, ça va peut-être lancer un message.  Je veux montrer qu’il est important de s’aimer telle qu’on est. Je veux encourager les jeunes filles à ne pas se comparer aux autres, à ne pas se dévaloriser parce que l’autre a des cheveux plus longs, qu’elle est plus mince ou plus grosse… On parle énormément de self love. Les femmes, nous sommes bien plus qu’une enveloppe corporelle. »

Des objectifs élevés

Nancy Raymond veut aussi envoyer un message à l’industrie. Celle de la construction, celle de l’assurance de dommages. « Soyons solidaires ! Si moi, avec mes longs cheveux, je me fais raser, c’est quoi pour vous de donner quelques centaines de dollars ! » Elle s’adresse aussi à la population de l’Outaouais, où elle est établie. « J’invite tout le monde à donner. » Elle s’est fixé un objectif de 50 000 $. « Ce n’est pas vrai que je vais me faire raser pour 10 000 $ ! »

Elle sait que le jour J sera chargé en émotions. « Je suis brave en ce moment, mais lors du rasage, je vais avoir besoin de soutien. Je souhaite pouvoir le vivre avec mes proches si les conditions le permettent. Sinon, je vais puiser une force intérieure. Je me suis engagée, j’ai très hâte de pouvoir le faire. Je vais garder en tête toutes les Jade. C’est pour elles que je le fais. »

* jusqu'à concurrence de 25 000 $